Edito

À l’heure où j’écris ces lignes (début jouillé), nous ne savions toujours pas encore si Made in Groland était reconduite à l’antenne ou reconduite à la frontière… Rassurez-vous : quoi qu’il arrive avec la sympathique chaîne qui nous diffuse en France, l’émission continuera de faire le bonheur des téléspectateurs Grolandais dans son pays d’origine, où le taux d’audience flirte bon an mal an avec les 100%. Certes, certains mauvais coucheurs arguent que son succès serait attribuable au fait que Notre Président l’ait rendue obligatoire en 1993. Mais ces mauvais coucheurs, Notre Président les couche, et s’ils s’obstinent, Il les crypte. C’est tout le charme du système démocratique présipautaire basé, je le rappelle, sur la volonté d’un seul homme éclairé et bienveillant, qui laisse profiter de ses lumières un peuple hagard vivant dans l’obscurité, voire l’obscurantisme.
100% d’audience
Pour expliquer un tel succès énorme hors-normes, la télévision Grolandaise n’a fait qu’appliquer une martingale, régie par la règle de trois suivante : 1/3 de
jokari, 1/3 de XY et 1/3 de cinéma (le jokari étant le sport le plus populaire de notre Présipauté, le XY un équivalent du X , mais avec des poils, et le cinéma une position assise permettant de vivre un rêve éveillé tout en buvant de l’alcool de pneu).
Ce cinéma, inventé au Groland par les soeurs Torche deux jours avant les frères Lumière, est tout simplement le septième art trois-quarts que le Fifigrot célèbre depuis maintenant quatre ans. Gloire à ce festival duquel sont sortis les Amphorés Nouveaux Sauvages, Workers, Le Grand Tour, Les Rois du curling, Punk Syndrome, Ceci est mon corps, Indésirables et autres Welkom, des films multidiffusés au Groland, parfois repris sur Canal Plus et même, pour certains, projetés ensuite dans des petites salles. À notre escabeau (petite échelle) , nous espérons les y avoir aidés.
Afin de poursuivre cette oeuvre, dans un paysage audiovisuel de plus en plus bétonné par les industriels, je ne peux que donner un conseil au jury présidé cette année par Benoît Poelvoorde : s’il vous plait, ne défrichez plus. Refrichez !

Benoît Delépine

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